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Le regard de Frédéric Edelmann sur l’oeuvre d’Albert Palma

Rencontrer  Albert Palma comme approcher son œuvre est une aventure rare et singulière. Palma a traversé les feux de la vie, écouté le silence du grand Nord, s’est imprégné enfin du calme du Japon. Il en a assimilé la culture et la force, les a faites siennes, et s’est immergé dans un océan de mots et de signes.

Ses mots, ses signes, ses lignes, forment un alphabet infini alors qu’ils ne peuvent qu’évoquer la complétude et l’achèvement, une fois enfermés dans la surface des pages. Textes écrits ou dessins, ces pages font le lien entre les manuscrits serrés des monastères et les calligraphies japonaises ou chinoises. Mais la charge émotive et culturelle en est telle qu’elles semblent receler des mondes placés en abîme, incrustés les uns dans les autres, voyage vers un univers sans frontières.

Au sens propre comme au sens figuré (dessiné), les planches d’Albert Palma, synthèse des lois symboliques de l’écriture, semblent ainsi relever d’un autre monde, celui des mathématiques et de la physique, de cet effort prêté à la théorie des cordes qui régissent, et unissent l’infiniment petit à l’infiniment grand.

Et après tout, ce n’est là qu’une définition un peu simplifiée du sacré.

Frédéric Edelmann, Journaliste au Monde


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